L'atelier a débuté par un exposé sur différentes alternatives à l'étude ou déjà pratiquées :

Les coopératives

Le Centrale  Economique selon François Partant (voir la contribution de Claude Le Guerrannic sur les Alternatives économiques)

La coopérative municipale selon Murray Bookchin (idem)

Le distributisme (présentation faite par Jean Paul Lambert)

Les SEL (Système d' Echange  Local) (exposé de Dominique Bourgeois)

 

Très vite dans les débats, le souhait d'une société sans monnaie a été affirmé par une bonne majorité des participants. Ce souhait a été exprimé comme un idéal à atteindre, comme un remède imparable au capitalisme. Fin de la monnaie et donc fin du système bancaire.

Avec la fin de la monnaie, le don a été mis en avant comme une alternative au rapport marchand, au passage la question de la propriété privée a été évoquée comme l'un des fondamentaux du capitalisme, il faudra bien un jour ou l'autre s'attaquer à ce bastion.  

Dans l'attente et à une exception près tout le monde s'est déclaré pour la suppression des profits financiers et monétaires, donc des intérêts sur le crédit.

Débat sur les institutions, les alternatives doivent elles être recherchées et mises en place avec les institutions ou sans elles, les avis sont partagés.

Question de linguistique, nous devons nous interroger sur le sens des mots que nous utilisons sans même y penser. Des mots tels que : travail, producteur, consommateur, chef, parti, exploitant agricole etc...sont caractéristiques du mode de pensée qui les accompagnent.

En marge du débat sur la monnaie, plusieurs ont fait valoir la notion d'urgence sociale, écologique, sociétale, a-t-on vraiment le temps face aux misères et aux souffrances qui peuples la Terre. D'autres ont fait valoir que l'urgence est aussi à coté de chez nous ou chez nous, pourquoi la chercher au lointain alors qu'elle est là, chez nos voisins.

 

Tout au long des débats, la question de la transition a été abordée ou sous-jacente. 

 

A ) Alternatives et débats

 

1) Le distributisme


L'exposé de Jean Paul Lambert sur le distributisme a suscité de nombreux questionnements sur sa faisabilité, comment organise-t-on le travail, la distribution, la répartition de ce qui est produit ? Celui-ci propose un système de code barre, chacun possèderait une carte à puce créditée périodiquement et débitée après chaque achat ou dépense. Une banque de données permettrait de connaître l'état des stocks et des disponibilités orientant ainsi la production. Donc plus de monnaie mais une carte individuelle fonctionnant comme n'importe quelle carte bancaire. Le carte en question serait créditée du montant de Revenu universel décidé collectivement.

Plusieurs participants ont assimilé l'usage de cette carte à une forme de flicage informatisé, des réticences également sur la planification centralisée et informatisée. Peu de choses sont dites sur l'organisation sociale et politique, qui décide de quoi ?

Des questionnements également sur l'organisation des productions et du travail en général.


 

2) Les SEL

                                                                                                                                Le fonctionnement des SEL  a été présenté tour à tour par Dominique Bourgeois et Claude Le Guerrannic. Actuellement il existe près de 400 SEL en France, il en existe dans la plupart des pays occidentaux avec une présence importante au Canada et en Angletterre. Chaque SEL ayant une autonomie totale de fonctionnement, on constate une grande diversité des pratiques. Néanmoins quelques règles générales : les SEL ou Système d'Echange Local de base ont une vocation essentiellement locale, ce qui sous-entend relation, échange et solidarité de proximité. L'unité d'échange est la minute de travail dont le nom varie selon le SEL : fleur de sel, blé, châtaigne etc.... Une heure de travail équivaut donc à 60 unités en monnaie SEL. La valeur du travail est identique pour tout le monde quelque soit la nature de la tâche réalisée, une heure de massage a la même valeur qu'une heure de jardinage. Les biens sont échangés sur le même principe d'égalité et donne lieu à un accord entre les parties.

La monnaie SEL n'est pas capitalisable car on donne une fourchette en moins et en plus à ne pas dépasser.

Les SEL, ce n'est donc pas la fin de la monnaie, néanmoins la gratuité et le don est présent dans de nombreux SEL. Les SEL sont autogérés dans leur fonctionnement, certains sont déclarés en association 1901, d'autres pas. De nombreux SEL donnent lieu à l'organisation de travaux en communs : jardin, chantier etc...

Les SEL sont constitués en réseaux nationaux et internationnaux, en France le site « selidaire » joue le rôle de lien entre tous les SEL. Une  rencontre intersel a lieu chaque année en France et dans plusieurs en région.

Internet aide à la créations d'échanges non-locaux : le JEU (jardin d'échange universel) la route des SEL, la route des stages etc...

 

Plusieurs participants ont émis des doutes sur la capacité des SEL a constituer seuls une alternatives au capitalisme; débats et expérimentations doivent se poursuivre. Unanimité sur l'intérêt de ces pratiques commencées en 1994 en Ariège.

 

3) Les monnaies locales


A été évoqué le projet d'une monnaie dénommée « SOL », peu de participants avaient de vraies informations sur ce projet. Seule certitude, la mise en place se fait par l'entremise du réseau institutionnel, ce qui fut critiqué par certains, comment réaliser une vraie alternative si celle-ci reste attachée au système bancaire par le biais des institutions ?

Il a également été question des monnaies locales en fonction depuis plusieurs années : la monnaie d'Ithaca aux USA, imitée par de nombreuses autres villes en Amérique, au Canada ou en Grande Bretagne. Le principal objectif de ces monnaies est de redynamiser les économies locales et faire face à la mondialisation.

En Angleterre une monnaie locale est expérimentée dans une petite ville de 16 000 habitants, Lewes, l'objectif est de consommer plus écologique en consommant local.

Un élu de St Etienne Vallée Française nous a présenté son projet de monnaie locale. A la fin du débat celui-ci ne semblait plus tout à fait convaincu de l'utilité de celle-ci. L'un des buts recherché est une meilleure utilisation des terres dans cette vallée, mise à disposition pour de jeunes agriculteurs, peu de rapport avec ce que peut apporter une monnaie locale.

 

B) Les propositions :



Les participants ont fait un certain nombre de proposition d'actions ou de groupes de travail, les personnes ayant données leurs coordonnées peuvent être contactées ou se disent intéressées pour travailler sur le sujet :

Fédérer les jardins collectifs dans la région de St Jean du Gard (Pierre...)

 

Formation et Information sur les mécanismes économiques et monétaires (le café économique à Anduze, Robin)

 

Elaborer une stratégie pour sortir du capitalisme et abolir les profits monétaires et refonder l'économie sur l'auto-organisation (Gdalia, Jean Claude Roulin)

 

Constituer un répertoire des artisans et entreprises acceptant la monnaie des SEL (Claude : claudel@no-log.org et Isabelle Teissier)

 

Création d'une base de données des ressources misent à disposition de tous (Dominique : dh.bourgeois@laposte.net , Isabelle Teissier, Michel, Christian)

 

Développer et radicaliser les luttes (Fabien)

 

 

Rapporté par Claude Le Guerrannic

Le texte est disponible en PDF